Save the Rhino

En 1970 on comptait 70.000 rhinocéros noirs en Afrique. Ce chiffre est passé à 15.000 en 1981 et 4200 en 2011. Cette même année 2011, la sous espèce du rhinocéros noir d’Afrique de l’Ouest est déclarée éteinte par l’UICN. En 2010, le rhinocéros vietnamien avait lui aussi été déclaré éteint. Le rhinocéros noir n’est qu’une des cinq espèces de rhinocéros existantes aujourd’hui. Le rhinocéros blanc s’en sort mieux, mais ces chiffres représentent l’immense menace qui pèse sur eux.

Image Save the Rhinos

Ils sont effet essentiellement chassés pour leur corne, parfois vendue jusqu’à 45.000 euros le kilo, considérée comme un aphrodisiaque puissant dans les pays asiatiques. Une corne entière peut ainsi se négocier plus de 250.000 euros. Un prix au kilo supérieur à l’or ou à la cocaïne. Il a pourtant été prouvé que la corne n’avait aucun intérêt médical et n’était pas un aphrodisiaque, constituée essentiellement de kératine.

Save the Rhino est la plus grande ONG dédiée aux rhinocéros. Son histoire débute en 1990, lorsque Dave Stirling et Johnny Roberts, deux britanniques, vont en Afrique et rencontrent des bénévoles dévoués à la cause du rhinocéros. A partir de 1992, ils récoltent des fonds au marathon de Londres en courant déguisés en rhinocéros (ce qui est depuis resté une tradition de l’ONG). Save the Rhino est alors crée en 1994, fort de nombreuses récoltes de dons qui ont permis des premières actions en Afrique.

En 2006, l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) invite l’ONG lors d’une rencontre avec de nombreux acteurs et spécialistes du rhinocéros africain. L’association a en effet grandi depuis ses premières années. Elle récolte à présent chaque année plus de 2 millions d’euros pour venir en aide aux rhinocéros et est membre permanent du groupe UICN en tant que spécialiste des rhinocéros.

Programmes de protection et de réinsertion

Save the Rhinos participe à 25 programmes agissants en Afrique et en Asie afin de lutter contre la disparition des rhinocéros. Des patrouilles de rangers sont ainsi financées afin de traquer les braconniers pour les envoyer devant la justice. Le financement des patrouilles représente 80% des dépenses de l’ONG, c’est un des moyens les plus efficaces sur le terrain, car sans risque réel d’emprisonnement, les braconniers ont pu sévir pendant des années sans être inquiétés.

Des programmes de réinsertions sont aussi effectués, notamment concernant le rhinocéros noir dans les régions où il avait disparu.

Des programmes de soins sont aussi en place, et une attention toute particulière est donnée aux rhinocéros de Java et de Sumatra, deux espèces avec moins de 80 individus recensés, qui sont de fait au bord de l’extinction.

Éducation

Tout comme pour les éléphants, les populations asiatiques sont sensibilisées à l’importance d’arrêter la consommation de corne et d’ivoire, à travers notamment la voix de stars renommées dans ces pays. C’est un élément capital et indissociable de la lutte pour la protection des rhinocéros, seule à même de les protéger sur le long terme de la menace des humains. Le Vietnam notamment, où le rhinocéros a disparu en 2010, est un grand consommateur de corne. Celle-ci y est vu comme un symbole de pouvoir et de réussite. La Chine est aussi un consommateur important de corne et le Japon a été un des plus grands importateur de corne et d’ivoire pendant des années. L’ONG veille a diffuser les études prouvant que la corne ne revêt aucun intérêt médicinal pour l’Homme contrairement à une croyance largement répandue.

Les populations locales sont impliquées, afin de prendre conscience de la gravité de la situation pour que le rhinocéros devienne une préoccupation de tous et non seulement de quelques experts.

Communication et rassemblement des experts

Forte de sa position et de sa présence dans la majorité des programmes de conservation et de protection, Save the Rhino est devenu un interlocuteur privilégié qui permet de coordonner les différentes actions pour plus d’efficience. L’ONG précise ainsi : « Nous faisons circuler l’information et aidons les experts à agir ensemble pour que les personnes qui travaillent en première ligne à la conservation des rhinocéros aient tout ce qu’il faut. Nous nous assurons également que l’argent collecté soit utilisé à bon escient, dans les projets qui en ont le plus besoin, afin d’avoir le plus grand impact positif possible sur les rhinocéros ».