AVES

AVES (A Voice for Endangered Species) a été créée en 2005. Cette ONG française lutte sur notre territoire pour la protection des espèces mal aimées (blaireau, renard...), ainsi que la cohabitation de l'Homme et des prédateurs (ours, loup). Ils participent aussi à des programmes à l'international, nous avons rencontré Christophe Coret, co-fondateur de AVES pour une petite interview qui vous permettra d'en savoir plus.

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Interview avec AVES France

Animal Kids : AVES est une association qui lutte pour la protection des espèces menacées en France, pouvez-vous nous en dire plus concernant vos actions ?

Chez AVES France, on se dit qu'au XXIème siècle, l'Homme doit réapprendre à vivre avec la nature et les animaux sauvages. Pendant de nombreuses années, on a essayé de dompter la nature et le résultat est catastrophique. De plus en plus d'espèces disparaissent et le climat est complètement détraqué. Alors, avant qu'il ne soit trop tard, nous essayons à notre échelle de réapprendre à chacun les gestes du quotidien pour vivre en respectant notre planète.

Pour cela, nous avons édité le livre Papouk le Pizzly, un ours polaire pas comme les autres et proposons le spectacle dans les écoles élémentaires pour sensibiliser les enfants. Nous organisons chaque année la Journée mondiale pour sauver les ours, mais nous faisons aussi des conférences pour les adultes sur l'ours, le loup et la captivité des animaux exploités dans les fêtes médiévales.

Nous travaillons aussi pour protéger les renards, les blaireaux et les oiseaux (notamment de la famille des corvidés) qui sont souvent chassés pour de mauvaises raisons.

AVES France participe aussi à des projets sur le terrain comme la création de mares, qui sont très utiles pour les animaux, ou la restauration des haies. Nous aidons aussi les refuges qui prennent en charge des ours et soutenons chaque année des associations qui travaillent pour protéger les ours dans d'autres pays.

Animal Kids : Dans de nombreux pays (États-Unis, Canada...), l'Ours et d'autres prédateurs sont considérés comme une richesse. Les habitants vivent à leurs côtés et du tourisme se met parfois en place autour de la présence de ces animaux. Quelles sont les barrières que vous rencontrez en France ?

J'ai assisté en 2018 à un colloque en Slovénie sur le thème de la cohabitation avec les ours et on peut dire que c'est un problème mondial. Il y a des pays qui réussissent assez bien à vivre avec les animaux sauvages, d'autres, comme la France, où c'est plus difficile. C'est à la fois une question culturelle, politique et topographique.

J'ai eu la chance de vivre quelques années en Roumanie, en Transylvanie. C'est un pays dans lequel il y a encore beaucoup d'ours, de loups et de lynx. Il y a aussi une tradition d'élevage des brebis très présente. Là-bas, la cohabitation se passe plutôt bien, car les bergers sont habitués et sont organisés pour protéger leurs troupeaux jour et nuit. Je me suis aussi rendu en Slovénie où les bergers savent maintenant bien vivre avec les ours et les loups, car ils ont été correctement accompagnés par l'Etat pour trouver des moyens de protection efficaces.

En Equateur, les Quechuas braconnaient les ours à lunettes car ils s'attaquaient parfois au bétail, mais aussi les tapirs des montagnes quand ceux-ci s'approchaient de leurs cultures. Des associations locales ont mis en place des programmes de sensibilisation pour leur expliquer l'intérêt de protéger ces animaux menacés. Désormais, la cohabitation se passe mieux.

En France, nos zones protégées ne sont malheureusement pas des endroits où l'activité humaine est interdite. On peut donc trouver des exploitation forestières dans des zones fréquentées par les grands prédateurs, des exploitations minières et de l'élevage. Les ours sont des animaux opportunistes, qui vont naturellement se nourrir avec les ressources les plus faciles à attraper. Si l'ours brun d'Europe mange des végétaux à 80%, il n'hésitera pas à prélever une brebis dans un troupeau si celui-ci n'est pas correctement gardé.

La mise en place de moyens de protection a fait ses preuves dans plusieurs pays d'Europe, mais elle est compliquée dans les hautes montagnes des Pyrénées. Certains éleveurs refusent de les utiliser, mais il faut aussi reconnaître que le relief et l'élevage extensif rend difficile leur mise en place. Nous essayons de dialoguer avec eux pour trouver des solutions pour améliorer la cohabitation entre l'ours et les éleveurs, mais ça reste très difficile.

Pour le loup, c'est un peu différent car il est présent sur un territoire beaucoup plus vaste. On peut facilement protéger les troupeaux en plaine, mais cela implique de regrouper les troupeaux la nuit et d'installer des clôtures électriques. Il faut équiper les éleveurs et les former et la cohabitation se passera bien.

Animal Kids : AVES intervient aussi à l'étranger, quels animaux sont concernés par vos actions ?

AVES France travaille principalement en France, mais il nous arrive de soutenir des projets à l'étranger, comme le sauvetage d'animaux en danger ou des actions de conservation.

Notre association s'est aussi spécialisée sur les spectacles des montreurs d'ours et demande leur interdiction. Pour cela, nous avons assisté à de nombreux spectacles pour pouvoir expliquer au public pourquoi un ours n'a pas sa place dans une fête médiévale. Ensuite, nous avons rencontré les politiques pour les convaincre de voter une loi contre l'exploitation des ours. En 2019, nous avons assisté au dernier spectacle de l'ours Micha. Le pauvre ours devait monter sur un ballon alors qu'il était extrêmement malade. Les deux autres ours détenus par ses dresseurs ont été placés dans des sanctuaires que nous avons soutenu financièrement, car la prise en charge d'un ours coûte très cher.

Animal Kids : Quel message souhaitez-vous adresser aux clients d'Animal Kids qui pourraient vous apporter leurs contributions ?

Si vous aimez les ours, les loups, les renards, les blaireaux... et tous les animaux sauvages, alors choisissez-nous ! Notre association est dirigée par une équipe 100% bénévole, ce qui nous permet d'utiliser vos dons pour financer des projets pour les animaux. Pour en savoir plus, rendez-vous sur https://www.aves.asso.fr

Merci !

Christophe